Test de Hummingbird Mind | Jeux indés
 
 
 

 


Test de Hummingbird Mind

Flash -  le 1 September 2010

Pourrez-vous jouer à Hummingbird Mind d’une traite, sans vérifier vos e-mails ou répondre au téléphone ? Tentez l’aventure…

Voici un jeu étrange mais saisissant. Vous êtes dans la peau de quelqu’un travaillant à domicile, assis devant son ordinateur et qui n’a pas envie de travailler. Qui n’a jamais vécu cette situation ? Dans le plus pur style des fictions interactives (des jeux dans lesquels on vous raconte une histoire en vous proposant des choix, un peu comme les Livres dont vous êtes le héros de notre enfance), trois possibilités vous sont donnés : s’endormir sur son bureau, aller faire la vaisselle en retard ou aller chercher son courrier. Vous remarquerez qu’il n’est pas possible, au début de Hummingbird Mind, de simplement travailler… Eh bien cela sera votre quête !

Mais comment faire, me direz-vous ? Je ne vais pas ici vous raconter l’histoire, il vous faudra jouer pour cela !

Comme vous pouvez le voir sur les captures d’écran, le style graphique de ce jeu est très particulier. L’utilisation d’une palette de 16 couleurs nous ramène quelques années en arrière, à l’époque des écrans et cartes graphiques CGA, et des grandes séries d’aventure comme les  King’s Quest. Le résultat obtenu est assez déroutant pour nos yeux maintenant habitués à des millions de couleurs et des écrans avec une grande résolution, mais donne une vraie personnalité à Hummingbird Mind. L’histoire, quant à elle, est bien menée de bout en bout. Ne sachant pas à quoi m’attendre au début, j’ai été très agréablement surpris devant la pertinence et la cohésion de ce qui se déroulait, même si les événements sont plutôt surnaturels.

Ce qui est très étrange, finalement, c’est que ce jeu renverse, en quelque sorte, la vapeur. Le fait de se mettre à travailler devient une quête. À l’inverse de la plupart des personnes qui tentent de trouver du temps pour leurs loisirs, le héros doit “gaspiller” son temps de loisirs potentiel afin d’arriver à se motiver pour travailler. Le temps ne lui manque pas vraiment, c’est simplement qu’il est distrait trop facilement et, au lieu de grouper tous ses loisirs en un seul moment, il passe son temps à faire des petites coupures qui l’empêchent de se concentrer. On peut voir cela comme un commentaire sur la présence de plus en plus envahissante de ce qui semble avoir été crée pour nous distraire de notre tâche : chats, twitter, facebook, e-mail… À chaque instant, il est maintenant possible d’aller voir ce que vivent, pensent ou disent nos relations ou même des parfaits inconnus.

Bref, en montrant à quel point le “héros” de l’histoire a du mal à se concentrer, à se mettre à la tâche, c’est vers chacun de nous, consommateurs souvent excessifs d’informations, que Jake Elliott tourne son miroir. Pas forcément pour nous conseiller de moins être connectés ou de moins consommer des flux d’informations, mais au moins pour nous faire prendre conscience de l’impact que cela peut avoir sur notre vie quotidienne. Le jeu vidéo dans ce qu’il a de plus noble !

Matthieu Montaudouin


Laisser un commentaire

Votre e-mail n'est jamais publié ou partagé. Les champs requis sont indiqués avec *.

*

Vous pouvez utiliser les tags et attributs HTML suivants :
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Infos

JOUER